Mulching : faut-il opter pour la tonte mulching au jardin ?

Des études montrent qu’environ 30 % des déchets verts collectés en déchetterie proviennent de la tonte des pelouses. Certaines municipalités imposent désormais des restrictions sur l’évacuation de ces résidus. Pourtant, il existe une méthode qui transforme ces débris en ressource pour le jardin.

Cette technique consiste à laisser l’herbe finement coupée sur place, au lieu de l’exporter. Certaines conditions doivent cependant être respectées pour que ce procédé n’entraîne pas l’asphyxie ou la dégradation du gazon. Son efficacité dépend du matériel utilisé, de la fréquence de tonte et de l’état du terrain.

Le mulching au jardin : comprendre cette technique de tonte

La tonte mulching ne laisse personne indifférent. D’un côté, elle attire les curieux, de l’autre elle fait débat. Concrètement, il s’agit de broyer l’herbe coupée en fragments très fins à l’aide d’une lame mulching montée sous un carter adapté, puis de répartir ces morceaux sur le gazon. Oubliez le bac de ramassage : chaque brin retourne directement nourrir la pelouse. Ce tapis végétal, discret, fait office de paillis. Il protège la surface du sol, limite la perte d’humidité et, au fil de sa décomposition, enrichit la pelouse.

Les tondeuses mulching existent en version électrique ou thermique. Certaines machines offrent un kit mulching pour transformer une tondeuse à gazon classique : il suffit de changer la lame et de bloquer la sortie latérale. D’autres, comme la tondeuse mulching Stihl, sortent d’usine prêtes à l’emploi. Résultat : la coupe reste fine, le débit s’adapte à l’épaisseur de la pelouse.

Pour que la technique tienne ses promesses, il faut respecter quelques règles de base. La tonte régulière reste la clé : il est préférable de couper dès que l’herbe atteint 6 à 8 cm, sans jamais laisser dépasser cette hauteur. La pelouse doit être sèche, la coupe pas trop basse, et l’herbe ni collante ni trop abondante. Sur un grand terrain, la tondeuse thermique permet d’aller vite, tandis qu’une tondeuse électrique suffit sur quelques dizaines de mètres carrés.

La question des feuilles mortes refait surface chaque automne. Certaines tondeuses mulching parviennent à broyer feuilles et herbe ensemble, apportant un surcroît de matière organique. Attention, toutefois, à l’état du terrain et à l’humidité : trop de feuilles ou de résidus humides ralentissent la décomposition et peuvent favoriser la formation d’une couche asphyxiante.

Pourquoi le mulching séduit de plus en plus de jardiniers ?

Le mulching gagne du terrain chez les amateurs de pelouse soignée. Plusieurs raisons expliquent cette montée en puissance. D’abord, il transforme chaque coupe en engrais naturel : les fragments d’herbe retournent au gazon, nourrissent le sol, stimulent la vie des micro-organismes et rendent la pelouse plus dense. Les apports d’engrais pour gazon s’en trouvent réduits, sans effort supplémentaire.

Un autre argument frappe fort : la gestion simplifiée des déchets verts. Plus besoin de vider un bac de ramassage à chaque tonte, ni de multiplier les trajets vers la déchetterie ou de saturer le compost domestique. Avec le mulching pour pelouse, le volume à évacuer fond comme neige au soleil. Cette approche s’inscrit dans une démarche durable et limite considérablement l’empreinte écologique du jardinage.

En période de sécheresse, la technique marque encore des points. Le mince paillage protège les racines, retient l’humidité, freine l’évaporation de l’eau et isole le gazon des coups de chaud. Conséquence directe : la pelouse conserve sa couleur et son énergie, même lors des épisodes arides.

Enfin, le mulching dynamise la biodiversité. Sous cette fine couche de végétaux, microfaune et bactéries du sol trouvent refuge et nourriture. Pour les jardiniers qui veulent booster la vie de leur sol, voilà un allié discret qui s’intègre parfaitement dans les routines d’entretien.

Conseils pratiques pour réussir sa tonte mulching

Quelques règles simples permettent d’optimiser les résultats du mulching et d’en retirer tous les bénéfices :

  • Privilégier une tonte régulière, en coupant l’herbe dès qu’elle atteint 6 à 8 cm. Plus la coupe reste fréquente, plus le broyage est efficace et la décomposition rapide.
  • Utiliser une lame mulching bien affûtée et un carter adapté. Les modèles récents, qu’ils soient thermiques ou électriques, disposent généralement d’un kit mulching performant pour une répartition homogène de l’herbe tondue.
  • Contrôler régulièrement l’état des lames et du carter : un entretien minutieux garantit une coupe nette et un mulching optimal.
  • Tondre sur gazon sec. L’herbe humide favorise la formation de paquets difficiles à répartir et ralentit la décomposition.
  • Profiter de l’automne pour broyer les feuilles mortes avec l’herbe, enrichissant ainsi le sol en matière organique.
  • Si une couche de feutrage ou d’accumulation apparaît, passer un scarificateur pour aérer le sol et relancer la croissance du gazon.

En combinant observation du terrain, entretien du matériel et adaptation à la météo, la tonte mulching s’installe comme une habitude durable et gratifiante.

Jeune femme ramassant de l

Les pièges à éviter pour profiter pleinement des bienfaits du mulching

Pour tirer le meilleur de la technique, certains écueils doivent être évités, sous peine de voir les résultats s’inverser :

  • Tondre après la pluie ou sur herbe humide provoque l’apparition de paquets collants, difficiles à répartir. La décomposition ralentit, le feutrage s’installe, et les plantes indésirables profitent de la situation.
  • Laisser l’herbe trop haute avant de passer la tondeuse revient à créer des résidus trop volumineux pour servir de paillis efficace. Mieux vaut intervenir plus souvent, surtout en période de croissance rapide.
  • Accumuler trop de résidus de tonte sur un sol compact peut priver le gazon d’oxygène. Alterner tonte mulching et passage de scarificateur (au printemps ou à l’automne) permet d’aérer et d’éviter l’étouffement.
  • Le mulching attire parfois limaces et escargots, friands d’humidité et de débris végétaux. Si leur présence devient gênante, il peut être utile d’alterner avec une tonte classique en utilisant temporairement le bac de ramassage.

Un point d’équilibre s’impose : trop de déchets verts laissés sur place nuisent à la santé du gazon. Le mulching s’apprécie quand il s’adapte finement au rythme du sol, à la croissance de la pelouse et aux caprices du climat.

Adopter le mulching, c’est donner à sa pelouse une chance de se régénérer à chaque passage de lame. À la clé : un jardin plus autonome, un sol vivant, et des corvées de ramassage qui s’évaporent. Reste à observer, ajuster, et profiter d’une pelouse qui rend bien plus qu’elle ne réclame.

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